Jean Froissart Grand reporter du Moyen Age
Né vers 1337 à Valenciennes et mort vers 1410 à Chimay, Jehan Froissart relate de ce qu’il a vu lui-même ou ce qui lui a été raconté par des témoins sûrs et affirme l’impartialité de son récit.
Il voyage autour de l’Angleterre, de l’Écosse, du Pays de Galles, de la France, de la Flandre et de l’Espagne, recueillant la matière première de ses chroniques. Il écrit ses chroniques comme un roman, aux faits romanesques certes, mais historiques.
ll devient poète et ses activités, récits et mémoires de son temps le désignent comme historien officiel à la cour de sa compatriote la reine Philippa de Hainaut, l’épouse d’Édouard III d’Angleterre. Ces chroniques sont une des sources les plus importantes des origines de la première moitié de la Guerre de Cent Ans.


Le château de Valon ne fut pris que pendant la Guerre de Cent Ans, conflit entre le Royaume de France et le Royaume d’Angleterre à la fin du Moyen Age (1337 – 1453) opposant les Plantagenêts aux Valois pour la succession du royaume de France. Le conflit va durer 116 ans et se soldera par la défaite du camp anglais.
Au Moyen Age, le Carladez sera particulièrement touchée par les ravages des Grandes Compagnies de « routiers », des soldats mercenaires, organisés en bande ou en « route ». Ces compagnies libres ont terrorisé la campagne française pendant la Guerre de Cent Ans (1337 – 1453). Ces mercenaires qui avaient combattu dans les deux camps se groupent en Grandes Compagnies de « routiers » qui se mettent à dévaster villes et campagnes pour leur propre compte. Ils ravagent tout l’ouest du royaume et s’emparent du château de Valon. Le château de Mur-de-Barrès est pris en 1373, ainsi que le château de Vaycaylès.
C’est l’une de ces troupes de mercenaires, conduite par le capitaine limousin Aimérigot Marquès, qui réussit à s’emparer par la ruse du Château de Valon.
Cet épisode nous est rapporté par le chroniqueur Jean Froissart (1337-1410) :
« Aussitôt qu’Aimérigot Marquès eut enlevé par échellement le château fort de Valon, le capitaine qui défendait la place s’enferma dans la grosse tour qui ne pouvait être prise de force et par laquelle il était possible de recouvrer tout le château.
Alors Aimérigot s’avisa d’un stratagème, car il tenait parmi ses prisonniers le père et la mère du capitaine.
Il les fit venir devant lui et leur annonça qu’il les ferait décapiter s’ils n’obtenaient de leur fils la reddition de la tour.
Les bonnes gens redoutant la mort, appelèrent leur fils qui leur répondit du haut du donjon, ils le supplièrent en pleurant de se rendre, de prendre pitié d’eux, de ne pas les laisser exécuter. Meurs larmes attendrirent grandement le capitaine qui ne voulant pas laisser mourrir son père, ni sa mère rendit la tour et on les mit tous hors du Château. C’est ainsi que Valon devint anglais, ce qui grèva fort le pays. »
En 1383, le château est repris par un autre capitaine « anglais », le bâtard* Bernard de Garlan dit « le méchant bossu » qui s’y maintient jusqu’en 1391. Le 6 juillet 1387, un pacte est conclu à Rodez entre le comte d’Armagnac et les capitaines anglais, pour qu’ils restituent, contre rançon, les places qu’ils occupaient dans le pays. Aimérigot Marquès, va manquer à sa parole en s’emparant du château de la Roche-Vendeix (Puy-de-Dôme). Il est finalement capturé et exécuté à la suite d’un procès en 1391, à Paris. (*Bâtards : enfants illégitimes de nombreux seigneurs.)



